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Identification des
bactéries difficiles
Peter ROHNER
Laboratoire Central de
Bactériologie
Division des Maladies Infectieuses
Hôpitaux Universitaires de Genève
Sommaire
Tuberculose
Lèpre
Légionellose
Chlamydia
pneumoniae,
Mycoplasma pneumoniae
Bordetella pertussis
Première
partie : la tuberculose
Histoire de la tuberculose
15'000 av. J-C
: M. bovis à l'origine; domestication des bovins et passage
à l'homme.
400 av. J-C : Hippocrate : Phtisie = tuberculose pulmonaire.
Au 19ème siècle, la tuberculose est un fléau, conséquence de
l'industrialisation et
des conditions de vie précaires. Elle est responsable d' 1/3 des décès enregistrés à Paris.
Première
tentative d'explication :
une tumeur d'origine héréditaire.
Vers
1546 : le caractère infectieux est suspecté.
1865 : Jean Antoine Villemin
démontre l'infection.
1882 : Robert Koch isole
"son" bacille BK.
1897 : C. Flügge : origine de
l'infection : gouttelettes produites lors de la toux.
Modes
de transmission et d'infection
1913 : P.
Chaussé confirme que les BK survivent pendant des années dans
les crachats secs ou sur les vêtements.
Infection : des gouttelettes
contenant des BK pénètrent dans les alvéoles pulmonaires. Les bacilles
sont le plus souvent inactivés par les macrophages.
Les premiers foyers d'infection sont pulmonaires et ganglionnaires. 90 à 95% restent limités
et évoluent vers la fibrose et la calcification.
Chez 5 à 10% des
individus, les BK passent des ganglions dans la circulation è
origine des
multiples foyers. 80% des
infections guérissent spontanément.
Tuberculose
: littérature et musique
La tuberculose joue
un rôle central dans La Dame aux Camélias (1848)
d'
Alexandre
Dumas fils et dans l'opéra de Giuseppe Verdi,
La
Traviata (1853).
Parmi les tuberculeux célèbres, on
citera John
Keats ( 1795 - 1821), Robert
Stevenson ( 1850 - 1894), George
Orwell (1903 - 1950), Franz
Kafka (1883 - 1924) et Thomas
Mann (1875 à 1955) qui a décrit l'univers des sanatoriums
dans La
montagne magique (1924).
Biologie
de la tuberculose
Agent : Mycobacterium
tuberculosis Bacille
de Koch (BK)
Mycobacterium
bovis (rarement)
Réservoir
: humains et
bovins
(M. bovis)
Transmission
:
interhumaine,
aérosol
aliments comme lait ou produits laitiers contaminés avec M. bovis
Incubation
:
des mois, des années.
Epidémiologie
Selon les estimations de
l'OMS :
~1/3 de la population mondiale est
infectée par M. tuberculosis
1 à 10% vont développer
une tuberculose
8 millions de nouveaux cas par an
3 millions de décès par an dans le monde.
Cependant, l'incidence de la maladie varie fortement
selon les pays (figure 1).
|

Figure
1. Incidence de la tuberculose
dans le monde en 1995. |
En Suisse, comme dans tous les pays occidentaux,
l'arrivée des antibiotiques a entraîné une forte baisse de la
mortalité tandis la morbidité ne connaît qu'un lent déclin (figure 2).
|
Figure
2. Evolution
de l'incidence de la tuberculose en Suisse.
|
Si les tuberculoses pulmonaires représentent la grande
majorité des cas, d'autres localisations ne sont pas à exclure (figure
3).
|

Figure
3. Distribution des localisations des foyers tuberculeux en 1978.
|
La
tuberculose au laboratoire
|

Figure
4. Répartition des
prélèvements analysés. |
Les tests de laboratoire doivent être réalisés dans des
zones contrôlées et les échantillons doivent être maniplués avec
précaution.
 |
 |
| Figure
5a. Etiquette signalant le
danger biologique des emballages de transport. |
Figure 5b.
Symbole signalant le danger biologique des
laboratoires de microbiologie diagnostique. |
|
Les micro-organismes sont classés en 4 groupes de risque,
selon les dangers qu'ils peuvent faire encourir au personnel de
laboratoire. Mycobacterium
tuberculosis et Mycobacterium
bovis sont classés dans le groupe de risque 3. A partir de cette
classification, on a établi 4 niveaux de sécurité pour les laboratoires
(tableau 1).
| Niveau de sécurité |
Type de laboratoire |
Exigences |
Appareillage de sécurité |
|
1 de base
|
Enseignement |
Bonnes techniques de microbiologie (BTM) |
Aucun |
| 2 de base |
Services de santé primaires, hôpital
de premier niveau |
BTM, blouse de travail, logo risque
biologique |
Hottes de sécurité contre les risques
d'aérosol |
| 3 confinement |
Diagnostic spécialisé |
Comme 2, plus vêtements spéciaux,
accès réglementé |
Hottes de sécurité pour l'ensemble des
activités |
| 4 confinement haute sécurité |
Manipulation de germes dangereux |
Comme 3, plus sas, douche à la sortie,
élimination des déchets spéciaux |
Hottes de sécurité de classe III
(fermées, gants) |
Tableau 1.-
Niveaux de sécurité des laboratoires.
La
procédure choisie pour identifier les mycobactéries au HUG est résumée par
la figure 7. Après décontamination à la N-acétyl L-cystéine (NALC), les
échantillons sont mis en culture sur deux milieux solides :1 tube de milieu Coletsos et 1 tube de milieu de
Stonebrink. Ces cultures ne donneront des colonies qu'après 4 semaines.
|
Fig 7 : Procédure utilisée à l'hôpital de Genève pour la détection des
mycobactéries en 2002. |
Le premier système de culture
automatique en milieu liquide a été le BACTEC ® 460 TB (Becton Dickinson)
qui est basé sur une analyse de respirométrie radiométrique qui permet
d'apprécier la croissance des mycobactéries en
mesurant la quantité de 14CO2
libérée par le métabolisme de l'acide palmitique marqué au 14C
présent dans le milieu de culture Middelbrook) 7H12 B (BACTEC 12B). L'appareil Bactec®
permet de mesurer la quantité de 14CO2
dans l'atmosphère gazeuse du flacon et de l'exprimer selon une
graduation appelée GI (Growth Index) allant de 0 (absence de 14CO2)
à 999 correspondant à la quantité maximale de croissance décelable
par l'automate.
Le même fabricant a ensuite
développé une technique non radioactive en milieu liquide qui fournit des
résultats après 2 semaines : le MGIT (Mycobacteria Growth Indicator
Tube - Becton Dickinson).
Cette méthode utilise un milieu 7H9
contenant un sel de ruthénium. Cette susbstance émet une
fluorescence d'autant plus vive que la pression partielle d'oxygène
est plus faible. Le métabolisme microbien provoque une déplétion en
oxygène et entraîne l'apparition d'une fluorescence dont l'intensité
est proportionnelle au niveau de réduction du milieu. La lecture des
tubes s'effectue manuellement : le tube MGIT doit être retiré du
support et comparé aux tubes témoins. On recherche les tubes MGIT émettant
une fluorescence qui se caractérise par une couleur
orange vif dans le fond du tube et une réflexion orange sur le ménisque
de la surface. Si la fluorescence du tube MGIT se rapproche de celle
du tube témoin positif, la culture est positive. Si elle se rapproche
de celle du tube témoin négatif, la culture est négative. La croissance peut aussi être détectée
par la présence d'une turbidité homogène ou non, de petits grains
ou de flocons dans le milieu de culture. La
combinaison des 2 technologies a fourni l'automate que nous utilisons en
routine, le BACTEC MGIT 960. Le BACTEC
9000MB est basé sur le même principe, avec une moindre capacité de
chargement.
Autre système automatique, le
MB/BacT (Organon Teknika) utilise une méthode
de détection qui en permanence évalue dans le flacon de culture, l'évolution
de la croissance microbienne en mesurant grâce à un indicateur coloré
convenable, la quantité de CO2 élaboré. Le système de lecture
complété d'un équipement informatique sophistiqué compare les
mesures obtenues à un système algorithmique de référence et déclenche
le signal de positivité quand la variation des différents paramètres
est suffisante.
On ajoutera enfin à cette énumération l'ESP
Culture System II de Difco.
On trouve également des méthodes
manuelles utilisant des milieux de culture mixtes tels que le BBL
SEPTI-CHEK*AFB (Becton
Dickinson). Il combine un milieu liquide 7H9
(flacon) avec une lame pour le repiquage et la différenciation provisoire
des mycobactéries cultivées dans le flacon. La lame montée sur le
flacon contient trois milieux solides spécifiques :
- un milieu Middlebrook 7H11 non-sélectif,
modifié et adapté à la culture de la plupart des bactéries,
- un milieu à base d'œuf, adapté à la
culture de la plupart des mycobactéries,
- un milieu Agar chocolat destiné à
l'isolement initial de bactéries (à l'exclusion des mycobactéries qui
ne pousseront sur cet Agar qu'après une incubation prolongée).
Ce système permet une détection plus
rapide des mycobactéries que les milieux solides usuels. Il ne nécessite
pas l’acquisition d’un appareillage.
De nombreuses études ont permis de comparer les performances de
ces différents systèmes (tableaux 2, 3 et 4, figures 8 et 9).
| |
Système positif
|
| |
Les deux
|
MGIT seul
|
BACTEC
12B
seul
|
| M. tbc
complexe
|
54 |
2 |
2 |
| M. avium
|
2 |
0 |
0 |
| Autres
|
3 |
2 |
1 |
| Total
|
59 |
4 |
3 |
| Contaminés
|
62 [21 (3.5%)]
|
21 |
Tableau
2.- Comparaison entre les résultats
obtenus par culture sur milieu Bactec 12B et sur tube MGIT. Source : Rohner
EJCMID 2000.
| Système
testé |
No. (%)
de cultures positives par système avec:
|
Référence |
| Toutes
|
M. tuberculosis
|
| test |
12B
|
test |
12B |
| BACTEC
9000
|
338
(75)
|
390 (87)
|
247
(84)
|
272 (92)
|
Pfyffer GE
|
| ESP
|
130 (87)
|
121 (81)
|
47
(89)
|
49 (92)
|
Woods GL
|
| MB/BacT
|
63 (86)
|
67 (92)
|
59
(88)
|
62 (93)
|
Rohner P
|
| MB/BacT
|
39 (89)
|
40 (91)
|
23
(96)
|
24 (100)
|
Benjamin WH
|
| MGIT 4ml
|
137 (76)
|
158
(88)
|
92
(81)
|
101 (89)
|
Pfyffer GE
|
| MGIT 4ml
|
152 (85)
|
151 (85)
|
27
(90)
|
28 (93)
|
Badak FZ
|
| MGIT 7ml
|
89 (90)
|
90 (91)
|
76
(93)
|
80 (98)
|
Rohner P
|
| Septi-Chek
AFB
|
186 (95)
|
177 (91)
|
43
(96) 22 |
42 (93)
|
Isenberg HD
|
Tableau
3.- Sensibilité
du BACTEC 460 et d’autres systèmes.
| Système
testé |
Temps
(jours)
moyen de détection
|
Référence |
| contaminé
|
M. tuberculosis
|
M. avium
|
| test |
12B
|
test |
12B |
test |
12B |
| BACTEC
9000
|
8.3%
|
5.8%
|
16
|
15
|
11
|
6
|
Pfyffer GE
|
| ESP
|
8.6%
|
4.0%
|
16 |
17 |
11 |
14 |
Woods GL
|
| MB/BacT
|
9.4%
|
2.9%
|
18 |
14 |
|
|
Rohner P
|
| MB/BacT
|
7.0%
|
4.1%
|
14 |
12 |
14 |
10 |
Benjamin WH
|
| MGIT 4ml
|
7.3%
|
7.8%
|
14 |
14 |
7 |
9 |
Pfyffer GE
|
| MGIT 4ml
|
5.6%
|
3.9%
|
11 |
8 |
|
|
Badak FZ
|
| MGIT 7ml
|
10.9%
|
4.5%
|
16 |
15 |
|
|
Rohner P
|
| Septi-Chek
AFB
|
4.5%
|
4.7%
|
22 |
19 |
19 |
7 |
Isenberg HD
|
Tableau
4.- Temps
de détection du BACTEC 460 et d’autres systèmes.
|

Fig 8 : Temps de détection du BACTEC 12, du MGIT et des milieux solides. Source
: Rohner P. EJCMID 2000. |
|

Fig 9 : Temps de détection du BACTEC 460, du MB/BacT et des milieux solides.
Source : Rohner P. JCM 1997:3127. |
Toutes ces études nous ont
conduit à choisir le
système BACTEC 960 avec milieu MGIT 7ml
dont les pricipaux avantages sont les suivants :
-
Sensibilité
comparable au milieu BACTEC 12B
-
Contamination
acceptable
-
Rapidité
de détection comparable au BACTEC 460
-
Détection
sans substrat radioactif
-
Degré
d’automatisation
-
Incubateur
intégré
-
Encombrement réduit
-
Inoculation
sans aiguilles.
Si la culture reste très utilisée pour le diagnostic de
la tuberculose, la biologie moléculaire a permis des avancées
considérables. La figure 10 compare les principes de deux méthodes
d'amplification génique commerciales.
|
Fig 10 : Principe de l'amplification génique par PCR (Amplicor, Roche) et par Ligase Chain
Reaction (LCx®, Abbott) |
Plusieurs études ont permis d'évaluer les
performances de ces tests rapides (tableaux 5, 6 et 7).
| |
Culture M. tuberculosis |
| NEGATIF |
POSITIF |
TOTAL |
| LCx |
NEGATIF |
1'878 |
9 |
1'887 |
| POSITIF |
45 |
69 |
114 |
| TOTAL |
1'923 |
78 |
2'001 |
Tableau 5.- Comparaison
sur 2001 échantillons des performances du test LCx et de
la culture pour la détection de M. tuberculosis (Genève et Zurich,
1997).
Ces données
permettent d'établir les performances du test LCx :
Sensibilité :
89%
Spécificité : 98%
Valeur prédictive positive : 61%
Valeur prédictive négative : 99%.
| Méthode |
# testés |
#
et % culture positifs |
Sensibilité |
Spécificité |
Référence |
| MTD |
938 |
78 (8%) |
95% |
96% |
Pfyffer
JCM 1994 |
| MTD |
717 |
24 (3%) |
83% |
99% |
Bodmer
JCM 1996 |
| PCR |
7'194 |
654 (9%) |
82% |
96% |
Bennedsen
JCM 1996 |
| LCx |
520 |
172 (33%) |
90% |
93% |
Ausina
JCM 1997 |
| LCx |
511 |
82 (16%) |
94% |
92% |
Tortoli
JCM 1997 |
| LCx |
482 |
118 (24%) |
90% |
98% |
Lindbrathen
JCM1997 |
| LCx |
2'001 |
78 (4%) |
89% |
98% |
Rohner
JCM1998 |
Tableau
6.- Performances
des tests rapides pour la détection du Complexe M. tuberculosis (MTD :
TMA, transcription-mediated amplification, Gen-Probe ; PCR : Amplicor,
Roche ; LCx : Ligase Chain Reaction, Abbott).
| Méthode |
Nombre
testé |
#
et % cult.+;BAAR- |
Sensibilité |
Référence |
| test |
microscopie |
| MTD |
938 |
20 |
2.1% |
80% |
74% |
Pfyffer
JCM 1994 |
| PCR |
7'194 |
202 |
2.8% |
61% |
69% |
Bennedsen
JCM 1996 |
| LCx |
1'440 |
65 |
4.5% |
85% |
49% |
Leckie
ASM 1996 |
| LCx |
2'001 |
20 |
1.0% |
82% |
63% |
Rohner
JCM 1998 |
Tableau
7.-
Performances
des tests rapides pour la détection du Complexe M. tuberculosis;
BAAR absent ( BAAR : bacilles
acido-alcoolo-résistants en microscopie).
La figure 11 montre que la tuberculose n'est de
loin pas la seule mycobactérie détectée au laboratoire de bactériologie de
Genève. Le tableau 8 présente quelques unes des espèces qui peuvent être
isolées.
|
Fig 11 : Cultures de mycobactéries positives à Genève de 1989 à 2001 (Cmtbc
: Complexe M. tuberculosis ; MOTT : mycobacteria other than tuberculosis,
autres mycobactéries). |
| Classe |
Complexe
|
Pigmentation
|
Croissance
|
Exemples
|
|
Tuberculosis
|
Ø
|
lente
|
M. tuberculosis
|
|
Lèpre
|
Ø
|
Ø
|
M. leprae
|
| I
|
|
Photochrome
|
lente
|
M. marinum,
M.
kansasii
|
| II
|
Scrofulaceum
|
Scotochrome
|
lente
|
M.
scrofulaceum
|
| III
|
Avium
|
Ø
|
lente
|
M. avium,
M.
intracellulare
|
| IV
|
Fortuitum
|
Ø
|
rapide
|
M.
fortuitum, M. chelonae
|
Tableau 8.-
Classification des Mycobactéries
selon Runyon.
Deuxième partie : la lèpre Histoire
de la lèpre Dans
la Bible,
on déclare
les lépreux "impurs".
Selon Mahomet, il faut
"fuir les lépreux
comme on fuit un lion".
En Espagne,
au Moyen
Age, on déclare
les lépreux légalement morts.
En Norvège, jusqu'à la fin du 19ème siècle, on attache des cloches au cou des lépreux. Biologie
de la lèpre Agent
:
Mycobacterium
leprae (Bacille
de Hansen). Habitat
: strictement humain. Transmission
:
interhumaine,
principalement sécrétions nasales et sécrétions oropharyngées ou lésions
cutanées ulcérées (lèpre lépromateuse). Incubation
: 2
à 5 ans. Prévalence
de la lèpre
Les
tableaux 9 et 10 fournissent quleques chiffres-clé sur l'incidence de la
lèpre.
| |
Suisse |
USA |
Monde |
| 1985 |
|
361 |
10'000'000 |
| 1991 |
|
154 |
5'500'000 |
| 1993 |
1 |
187 |
|
| 1994 |
0 |
136 |
|
| 1995 |
6 |
|
1'800'000 |
Tableau 9.- Evolution de
l'incidence de la lèpre.
| Pays |
Nombre
de cas par 100'000 |
Prévalence |
Couverture
traitement |
| Inde |
1'000'000 |
9.0 |
75
% |
| Brésil |
175'000 |
10.0 |
64
% |
| Bangladesh |
136'000 |
1.2 |
98
% |
| Indonésie |
84'000 |
2.3 |
95
% |
| Nigéria |
30'000 |
2.2 |
98
% |
| Zaïre |
30'000 |
1.9 |
74
% |
| Soudan |
25'000 |
1.7 |
97
% |
| Népal |
25'000 |
7.6 |
89
% |
| Philippines |
20'000 |
2.5 |
100
% |
| Ethiopie |
18'000 |
2.2 |
83
% |
Tableau 10.- Epidémiologie
de la lèpre dans les pays d'endémie. Source :
Bull OMS 1995.
Cas
clinique de lèpre à Genève Patiente
née le 26/10/1926, hospitalisée HUG le 26/6/1995
Tuméfaction importante du visage depuis janvier '95
Anamnèse : origine
mauricienne, elle retourne 1 x / an à l'île Maurice
1993 : crise de goutte
1994 : hypertension artérielle, diabète.
Présentation
à l'admission : plaques érythémateuses, bien délimitées 1 à 4 cm au dos et aux
jambes, macules dépigmentées
Trouble de la sensibilité thermo-algique
Biopsie cutanée : infiltrations granulomateuses, BAAR + Diagnostic
: Lèpre
type borderline. Traitement
: Dapsone,
rifampicine, prednisone. Aspects
cliniques
| Degré |
Pieds
et mains |
Yeux |
| 0 |
Absence
d'anesthésie, absence
de déformation ou de lésion |
Absence
de problèmes oculaires |
| 1 |
Anesthésie,
absence de déformation ou de lésion |
Présence
de problèmes oculaires,
aucune
baisse d'acuité (> 0.1)
|
| 2 |
Présence
d'une déformation
Présence d'une lésion visible |
Forte
baisse de l'acuité visuelle (< 0.1) |
Tableau 11.- Classification
selon l'OMS des incapacité dues à la lèpre (Bull
OMS 1995).
Diagnostic
de la lèpre Biopsie
de la peau : histologie, coloration de Ziehl Neelsen modifiée. Aucune
culture a été obtenue sur milieu artificiel ou en culture cellulaire. Tests
cutanés (intradermoréaction à la lépromine) : pas de valeur
diagnostique mais permettent la classification. Traitement
de la lèpre (uniquement
en association)
| Substance |
Disponible
depuis |
Contrainte |
| 1.
Dapsone (Disulone ®) |
1943 |
|
| 2.
Rifampicine (Rimactan ®) |
1970 |
[1$/jour] |
| 3.
Clofazimine (Lamprène ®) |
|
[peau
rouge-noire] |
| 4.
Protionamide (Treventix ®) ou Ethionamide (Trecator ®) |
1958 |
[hépatotoxique] |
| Quinolones |
|
|
| Minocycline |
|
|
Tableau 12.- Principaux
agents thérapeutiques actifs sur le bacille de Hansen.
Conclusion Grâce
à la polychimiothérapie, 6,7
Mio de malades ont été guéris dont 2,5 Mio d'anciens cas et 4,2 Mio de
nouveaux cas.
Ainsi
la polychimiothérapie a permis d'éviter 1 à 2 Mio de nouveaux cas
d'incapacité imputable à la lèpre. Troisième
partie : les légionelloses
Histoire de
la légionellose
En 1976, à
Philadelphie, lors d'un congrès de l'American Legion, plus de 200 participants
sont frappés de pneumonie foudroyante, dont 40 cas mortels. En 1977,
description d'une nouvelle espèce bactérienne responsable de cette
"maladie des légionnaires": Legionella pneumophila.
Espèces de
Legionella
On dénombre
41 souches de léginnelles, dont la moitié sont pathogènes pour l'homme
et 18 connues pour provoquer des pneumonies (tableau ).
L. micdadei
1943
L. bozemanii
1959
L. pneumophila
1977
L. dumoffii
1978
L. longbeachae
1980
L. jordanis
1978
L. gormanii
1978
L. feeleii
1981
L.
hackeliae 1981
L. maceachernii
1979
L. wadsworthii
1981
L. birminghamensis
1986
L. cincinnatiensis
1982
L. oakridgensis
1981
L. anisa
1981
L. sainthelensi
1981
L. tucsonensis
1984
L. lansingensis
1987
L. Micdadei
est
moins virulent, colonise peu l'eau mais peut provoquer des infections
graves chez les immunodéprimés, même si le taux de mortalité est
moindre.
L. pneumophila:
14 sérotypes (80% des cas dus au sérotype Lp1).
Importance
de la légionellose
La légionellose est
responsable de 2-15% des
pneumonies communautaires en Europe et aux États-Unis (Murder
RR et al. Semin Respir Infect 1989;4:32). Les légionelles comptent parmi
les s 3
agents infectieux les plus fréquents de pneumonies communautaires (Stout
JE et al. NEJM 1992;326:151).
La
légionellose cause 35-50% des
pneumonies chez les transplantés (Chow
J and Yu VL. Sem Resp Infect 1998;13:132).
Taux de mortalité :
5-25% (Maston BJ et al.
Arch Intern Med 1994;154:2417).
La
légionellose en Suisse
Déclaration
au médecin cantonal et à l‘OFSP
Par le
laboratoire,
Par le médecin traitant.
Recherche
du réservoir
Est
pratiquée systématiquement dans les cas
nosocomiaux, professionnels ou thermaux, mais pas dans les "cas sporadiques".
Surveillance de l‘eau uniquement dans des secteurs à haut risque.
Surveillance
des cas liés au voyage : http://www.ewgli.org
|
Fig 12
: La légionellose en
Suisse : évolution de l'incidence entre 1988 et 1994 (n = 174). Source : Office
Fédéral de la Santé Publique " Légionelles et Légionelloses"
1999. |
|
Fig
13 : La légionellose en
Suisse : répartition des cas déclarés entre 1995 et 1998 (n = 174). Source :
Office Fédéral de la Santé Publique " Légionelles et
Légionelloses" 1999.
|
Réservoirs
de Legionella
L‘eau
potable représente un réservoir important : Stout
JE et al. NEJM 1992;326:151.
L'aspiration
est le
mode de transmission principal : Blatt
SP et al. Am J Med 1993;95:16; Venezia
RA et al. Infect Control Hosp Epidemiol 1994;15:529.
6% (0-22%) des
maisons sont contaminées : Stout
JE et al. Epidemiol Infect 1992;109:49.
Facteurs de
risque
Tabagisme,
COPD (maladie pulmonaire obstructive chronique)
Alcoolisme
Stéroïdes
Thérapie immunodépressive
Chirurgie
Transplantation des organes solides
(SIDA) : atteinte plus grave (abcès, infections extra-pulmonaires,
bactériémie).
Manifestations
cliniques
Incubation :
3-10 jours.
- Pneumonie
- Fièvre,
malaise, anorexie, céphalées, toux peu productive
- Douleurs pleurales, hémoptysies
- Diarrhées dans 20-40% des cas
Hyponatriémie.
Autres
présentations
Fièvre de
Pontiac
Manifestations extrapulmonaires : elles sont rares et peuvent prendre la
forme d'une sinusite, d'une pancréatie, d'une péritonite, d'une
pyélonéphrite ou d'une bactérémie.
Infections cardiaques : les myocardites, péricardites, les syndromes de
postcardiotomie, les endocardites des valves artificielles sont
généralement d'origine nosocomiale et liées à une intervention de
chirurgie cardiaque (eau contaminée).
On a également mis en cause des plaies infectées, le contact avec des
corps étrangers contaminés et les bains
Hubbard utilisés en hydrothérapie .
Examens
radiologiques
Les symptomes cliniques précèdent les signes radiologiques. Habituellement,
on constate à la radiographie un infiltrat alvéolaire unilatéral qui
progresse très rapidement pour devenir bilatéral. Un épanchement
pleural est observé
dans 30 % des cas (figure 14). Dans les cas graves, on peut observer des
images pseudo tumorales. Les radiographies ne sont ni totalement
atypiques, ni spécifiques (Tan et al. CHEST
2000;117:398).
On notera qu'en cas de guérison, les
anomalies radiologiques peuvent persister plusieurs mois.
|
Fig
14 : Progression rapide d'une légionellose due à L. pneumonia, avec à gauche
une infection unilatérale et deux jours plus tard, une infection
bilatérale. A : à l'admission, un patient emphysémateux montre à la
radiographie un infiltrat du lobe inférieur gauche. B : Deux jours plus
tard, on note des infiltrats bilatéraux avec épanchement pleural. Source
: R. Holzman, MD. |
Diagnostic
au laboratoire
Les principales méthodes de
diagnostic in vitro et leurs performances sont rassemblées dans le
tableau 13.
| Test |
Sensibilité |
Spécificité |
| Culture* |
80% |
100% |
| Coloration
fluorescente |
33-70% |
96-99% |
| Test d‘antigène
urinaire† |
70% |
100% |
| Test sérologique |
40-60% |
96-99% |
Tableau 12.- Principales
méthodes de mises en évidence des légionelles au laboratoire.
*
Culture indépendante de la qualité
de
l'expectoration.
†
Filtration, reste positive pendant des semaines.
Le
dosage de l'antigène urinaire utilisé à l'Hôpital de Genève n'est pas
uniquement spécifique pour Lp1, mais pour tous les sérotypes de L.
pneumophila.
L. pneumophila peut parfois être mise en
évidence par la coloration de Gram dans les prélèvements cliniques
(figure 15). Les
colorations de Dieterle et de Gimenez peuvent être utilisées pour
metrre en évidence les légionelles dans les tissus.
|
Fig
15 : Coloration
de Gram d'un expectorat du tube orotrachéal d'un patient présentant un
abcès pulmonaire dû à Legionella pneumophila. On note la présence de
bâtonnets faiblement colorés et Gram négatifs à l'intérieur des
neutrophiles. |
La
culture est largement utilisée et confirmée par immunofluorescence
(figure 16).
 |
|
 |
| La
figure 1 montre des colonies de Legionella cultivées sur BCYE
(Buffered Charcoal Yeast Extract), une plaque d'agar contenant
du charbon de bois et d'éléments nutritifs. L'aspect des
colonies en verre fritté est
caractéristique de cette espèce. L'identification doit être
confirmée par immunofluorescence directe. |
|
La
figure 2 montre une image typique de recherche rapide par
immunofluorescence directe sur un échantillon de sécrétions
bronchiques étalé directement sur la lame. |
Fig
16 : Diagnostic
microbiologique de Legionella. |
Options
thérapeutiques
Les
antibiotiques utilisables figurent dans le tableau 13.
Un retard dans l'instauration
du traitement a un impact négatif sur le pronostic
(Heath CH et al. Eur J
Clin Microbiol Infect Dis 1996;15:286-90).
La durée de traitement est normalement de 2 semaines, de 3 semaines chez
les immunosupprimés. Avec l'azythromycine, 5 à 7 jours suffisent.L'érythromycine
a constitué le traitement de choix lors des premières épidémies mais
est aujourd'hui peu prescrit en raison de ses effets secondaires sur le
tractus gastro-intestinal et ses interactions avec les enzymes
hépatiques. L'azythromycine
s'accumule dans les cellules et possède un bon pouvoir de pénétration dans le
tissu pulmonaire. La rifampicine est administrée en association avec un
macrolide ou une fluoroquinolone dans les cas graves. Les fluoroquinolones
constituent le traitement de choix chez les transplantés, en raison de
l'absence de risque d'interactions au niveau du foie. La tétracycline a été
utilisée lors de l'épidémie historique de Pittsburgh, mais la doxicycline a
la même action.
| Antibiotique |
Dose |
| Erythromycine |
4 x 1g iv or 4 x 500
mg per os |
| Azithromcine |
1 x 500
mg |
| Clarithromycine |
2 x 500
mg |
| Levofloxacine |
2 x 500
mg per os/iv |
| Ciprofloxacine |
2 x 400
mg iv/2 x
750mg per os |
| Ofloxacine |
2 x 400
mg per os/iv |
| Doxycycline |
2 x 100
mg per os/iv |
| Rifampicine |
600
mg per os |
Tableau 1 3.-
Antibiotiques actifs sur les
légionelles.
Prévention
Qualité du
système sanitaire.
Température de l‘eau
au robinet <20° et >50°.
Surveillance de la
qualité de l‘eau.
Suspicion clinique et
tests de laboratoire adéquats.
Mesures préventives de
protection dans les zones à risque
; installer des filtres d'eau.
Eradication?
„Superheat
and flush" : coûteux.
Chlorination :
toxique.
Ionisation (cuivre et
argent) : efficacité
à prouver.
Irradiation UV : action
localisée.
Révision du système
sanitaire : coûteux.
Conclusions
Legionella:
un pathogène important dans la pneumonie.
Antigène urinaire :
diagnostic facile.
Route de l‘infection
: aspiration de l‘eau potable.
Dose infectieuse : pas
définie.
Keep a private and a
public eye!
Quatrième
partie :
Chlamydia
pneumoniae,
Mycoplasma pneumoniae
Pouvoir
pathogène chez l'homme
C.
pneumoniae
Pneumonies
atypiques, maladie respiratoire supérieure, maladie cardiovasculaire,
arthrite.
Pneumonies
chez les enfants
après
10 ans et jeunes adultes. Peuvent être
associées à une pharyngite (0,5 à 7%), une bronchite aigue (5-10%), des
sinusites et des otites.
50% de la
population > 20 ans possèdent des anticorps et cette proportion passe
à 80% chez les patients agés.
M.
pneumoniae
Pneumonies
atypiques limitées à la muqueuse respiratoire (plutôt
bronchopneumonie), maladie respiratoire supérieure, anémie hémolytique,
encéphalite.
Pneumonies
chez enfants 5-15 ans et jeunes adultes. Peuvent être associées à une
pharyngite, otites.
70% de la
population > 10 ans possède des anticorps.
Espèces
C.
pneumoniae
Parasite
intracellulaire obligatoire.
Genre :
Chlamydophila
3 espèces : C.
pneumoniae, C. psittaci et C.pecorum
C. pneumoniae
isolée chez l ’homme, le koala et le cheval:
Selon la spécificité
d’hôte, les souches sont regroupées en trois biovars : Twar, Koala et
Equine.
Chlamydophila
pneumoniae biovar TWAR = Chlamydia pneumoniae
M.
pneumoniae
Classe des
Mollicutes.
Organisme
pléomorphique car absence de parois bactériennes.
Isolé la
1ère fois en 1898 d’un échantillon bovin ayant une pleuropneumonie, 1ers
cas humains décrits en 1938 par Reimann à Philadelphie.
Génome
bactérien le plus petit connu : 800kb complètement séquencé.
Diagnostic
au laboratoire
C.
pneumoniae
Culture
cellulaire : peu sensible et longue.
Sérologie (micro-immunofluorescence
- MIF) : une infection aigue se traduit par une augmentation de 4 fois du titre IgG ou
par un titre isolé IgM
> 16 ou encore par un titre IgG>512 ; une infection ancienne
correspond à un titre IgG
entre 16 et 512.
PCR : de
nombreux tests PCR sont décrits dans la littérature, pas de tests
commercialisés standardisés disponibles.
M.
pneumoniae
Culture
longue, une à plusieurs semaines sur milieu spécifique contenant du
stérol .
Agglutinine
froide : fixation des IgM aux hématies et agglutination à faible
température malgré un anticoagulant, détectable dans 50% infections
sévères.
Sérologie :
la fixation
du complément détecte les IgG et IgM spécifiques. Une augmentation du titre
de 4 fois est indicative d’une infection.
PCR : de
nombreux tests PCR sont décrits dans la littérature, pas de tests
commercialisés standardisés disponibles.
PCR
quantitative (Taqman) au Laboratoire Central de Bactériologie de
l'Hôpital de Genève
Echantillons
pouvant être testés :
Frottis gorge et
nasopharynx (chez enfant)
Expectoration
Liquide de lavage broncho-alvéolaire
Extraction
de l'ADN :
Si expectoration :
inactivation à la N-acetyl-L-cystéine
Lyse : Triton+Protéinase K
Extraction : Phénol/Chloroforme/alcool isoamylique
Précipitation à l ’éthanol.
C.
pneumoniae :
Fragment
Pst1 de 465pb (Campbell and al. J of Clin. Microbiol. (1992))
Amplicon de 75pb
Sonde Taqman : Marquage en 5’ FAM et en 3’ TAMRA
M.
pneumoniae :
Gène
cytadhesin P1de 5169pb (Su and al. Infect.Immun. 1987)
Amplicon de 122pb
Sonde Taqman : Marquage en 5’ FAM et en 3’ TAMRA
Volume
réactionnel :
20µl (5 µl d ’ADN extrait)
Contrôles
positifs:
1pg d’ADN de Chlamydia pneumoniae : Cycle 18
1pg d ’ADN de Mycoplasma pneumoniae : Cycle 17
Contrôles
d ’inhibition : ADN plasmidique avec le fragment d ’amplification
clôné :
0.1pg d ’ADN
de plasmide pour Chlamydia pneumoniae : Cycle 21-22
0.1pg d ’ADN de plasmide pour Mycoplasma pneumoniae : Cycle 20-21
Cinquième
partie : B. pertussis
Morphologie
: en plus de la capsule et des pili, on trouve sur les souches virulentes
une hémagglutinine filamenteuse qui permet l'adhésion sur les cellules
de l'épithélium cilié de la trachée.
Culture :
lente et délicate à une température optimale de 35°C sans CO2, avec
humidité. Le milieu classique de Bordet-Gengou est actuellement remplacé
par un milieu au
charbon de bois et extraits de levure, enrichi ou non par 5% de
sang défibriné (cheval ou mouton) et additionné de céfalexine pour le
rendre sélectif. Les colonies apparaissent en 2 à 4 jours. En isolement
frais elles sont en
charbon de bois et extraits de levure, enrichi ou non par 5% de
sang défibriné (cheval ou mouton) et additionné de céfalexine pour le
rendre sélectif. Les colonies apparaissent en 2 à 4 jours. En isolement
frais elles sont en
phase
I : lisses (S) ou
muqueuses (M), très petites, brillantes, grises = aspect en "goutte
de mercure" et hémolytiques. Très vite, lors des repiquages, elles
passent en phase II, III puis IV, devenant de plus en plus plates et
rugueuses en perdant leur virulence.
Pouvoir
pathogène : B.
pertussis est l'agent de la coqueluche, maladie infectieuse et contagieuse
strictement humaine. Atteint le plus souvent les nourrissons (chez
lesquels l'infection peut être mortelle) et les enfants de moins de 5
ans, elle devient plus rare par la suite.
Après une incubation de 8 jours, la coqueluche évolue de manière
caractéristique en 3 phases :
Phase
catarrhale (10-15
jours) : écoulement nasal, fièvre, toux sèche (tenace et nocturne).
Phase
paroxystique (2-3
semaines) : quintes de toux spasmodiques, reprise du souffle sifflante
"cri du coq", expulsion de gros flocons de mucus. Chez le
nourrisson possibilité d'asphyxie.
Phase de
convalescence
(2-3 semaines, voire plus) : atténuation graduelle de tous les symptômes.
Epidémiologie
: en Europe,
l'incidence de la
coqueluche a beaucoup baissé grâce à la vaccination. Elle est en
augmentation aux Etats-Unis et en
Australie où la vaccination tend à être abandonnée.
Traitement
:
prophylactique, par vaccination dès le 3e mois de la vie et curatif par
érythromycine et sédatifs de la toux.
Diagnostic
au laboratoire : la
recherche de B. pertussis et B. parapertussis doit être réalisée le
plus tôt possible (pendant la phase catarrhale si possible).
Sécrétions
naso-pharyngées ou écouvillon naso-pharyngé, sécrétions bronchiques.
Tous les autres prélèvements sont médiocres.
L'amplification
génique (PCR) est devenue la méthode de choix.
Cultures sont
toujours possibles (milieu de charbon de bois et extraits de levure) mais sont
moins sensibles que la PCR.
Identification
:
Examiner les cultures quotidiennement à la loupe pour noter l'apparition
des colonies en "goutte de mercure".
L'identification proprement dite se fait par agglutination ou par immunofluorescence
sur les colonies.
Malgré la
diminution considérable de la coqueluche par la vaccination des
nourrissons (>95%), Bordetella pertussis (BP) continue à circuler chez
les enfants plus grands et les adultes. Nous rapportons ici les leçons
suggérées par une
mini-épidémie de coqueluche
dans un foyer d'accueil genevois en juillet 2001.
2 bébés
(1 mois, non vacciné et 5 mois,1 seul vaccin) vivant dans un foyer de 29
personnes (16 adultes, 13 enfants) ont été hospitalisés le même jour
pour toux et état fébrile. Une PCR est revenue positive pour BP dans les
sécrétions naso-pharyngées. Deux semaines plus tard, un troisième bébé
(8 mois, 2 vaccins) présente une coqueluche, motivant un dépistage par
PCR sur frottis naso-pharyngé de tous les membres du foyer. Les PCR sont
revenues positives chez 2 adultes (la maman du bébé
de 5 mois et une jeune fille de 19 ans sans enfant) et chez une
fillette de 2 ans (3 vaccins seulement), tous asymptomatiques
(suivi de 40 jours). Après traitement préventif (clarithromycine pendant
2 semaines)
de tous les membres du foyer, aucun cas supplémentaire n’est survenu.
Conclusion :
cette mini-épidémie, favorisée par les contacts proches (mères et
enfants dans une chambre commune, célibataires en chambres individuelles,
2 repas communs par jour), illustre la persistance de la circulation de
BP, sa contagiosité, le risque que fait courir tout retard de vaccination
des nourrissons (2/3 insuffisamment vaccinés) et l’utilité d’une
prévention antibiotique en cas de contact proche (personnes sous le même
toit).
|