|
Sérodiagnostic des
MST :
évaluation critique
Anne BIANCHI et
Anne EBEL *
Laboratoire
départemental. Conseil Général de Seine Saint Denis.
Rue de Verdun, 41
BONDY
abianchi@cg93.fr
* Laboratoire LCL
Ivry sur Seine
Sommaire
Introduction
Définitions
Conséquences des IST
Prévention de la transmission
Le prélèvement
Diagnostic direct
ou sérodiagnostic
Sérodiagnostic
: paramètres méthodologiques
Standardisation
des examens sérologiques
Première partie :
méthodes standardisées
Syphilis
Virus de l’immunodéficience
humaine : VIH
Virus de l’hépatite B :
VHB
Deuxième partie : méthodes
mal standardisées
Chlamydia trachomatis
Herpes simplex virus
:
HSV1 et HSV2
Troisième partie :
absence
de méthodes standardisées
Papillomavirus : HPV
Introduction
Définitions
MST : Infections Sexuellement Transmissibles
Les MST sont causées par :
|
Virus |
Papilloma virus humains (HPV)
Herpes simplex virus (HSV)
Virus de l’hépatite B (VHB) |
|
Bactérie |
Chlamydia
trachomatis (CT)
Treponema
pallidum (TP)
Neisseria
gonorrhea (NG) |
|
Parasite |
| Trichomonas
vaginalis (TV) |
Les
IST en France
| Les données de la surveillance nationale
des maladies infectieuses - 1998-2000. Institut de Veille Sanitaire, indiquent
: |
|
que malgré les limites du recueil
d’information, plusieurs signaux laissent à penser qu ’il pourrait
exister dans certaines régions une inversion de tendance avec une
augmentation de la proportion de diagnostics VIH positifs |
|
une résurgence
de la syphilis en France en 2000-2001 |
|
une recrudescence des gonococcies en France depuis
1998. |
Conséquences des IST
Elles peuvent être graves
:
HPV : cancer du col
HSV : atteinte du nouveau né
VHB : cancer du foie
VIH : sida
CT : stérilité tubaire, GEU
ou de faible importance
:
TP, NG et TV.
IST : Prévention de la transmission
|
Les
méthodes de prévention (information, vaccination, dépistage et traitement)
varient selon le type d'infection.
Information et modification du
comportement sexuel :
Papilloma virus humains (HPV)
Herpes simplex virus (HSV)
Virus de l'hépatite B (VHB)
Virus de l'immuno déficience humaine (VIH)
Chlamydia trachomatis (CT)
Treponema pallidum (TP)
Neisseria gonorrhoeae (NG)
Trichomonas vaginalis (TV)
Vaccination :
Virus de l'hépatite B (VHB)
Dépistage :
Virus de l'hépatite B (VHB)
Virus de l'immuno déficience humaine (VIH)
Chlamydia trachomatis (CT)
Treponema pallidum (TP)
Neisseria gonorrhoeae (NG)
Herpes simplex virus (HSV)?
Papilloma virus humains (HPV)?
Traitements :
Le traitement permet de prévenir la transmission
:
Chlamydia trachomatis (CT)
Treponema pallidum (TP)
Neisseria gonorrhoeae (NG)
Trichomonas vaginalis (TV)
Herpes simplex virus (HSV)
et les complications
:
CT : stérilité tubaire
HPV : cancer du col
HSV : atteinte du nouveau né
VHB : cancer du foie
VIH : sida
Le prélèvement
Dans le cadre de prévention, il doit être bien
accepté par le patient ou la patiente.
Selon les cas, on utilise :
- un prélèvement sanguin
- des prélèvements urogénitaux
|
Diagnostic direct
ou sérodiagnostic
|
Le diagnostic direct
permet un diagnostic étiologique : isolement de l ’agent
pathogène au site de l ’infection. Cependant,
certains agents pathogènes sont peu, voire non
cultivables sur milieux usuels. La survie de l'agent pathogène est souvent
faible en milieu de transport. En outre, les cultures
sont peu adaptées aux études
épidémiologiques.
Le sérodiagnostic
est rapide, simple, automatisé, peu coûteux. C'est parfois la seule méthode
diagnostique possible (T. pallidum).
Le transport et stockage des sérums sont aisés et le prélèvement est bien accepté
par le patient.
|
Sérodiagnostic
: paramètres méthodologiques
| RFC,
immuno-précipitation |
peu sensibles |
| Hémagglutination ou agglutination |
meilleure sensibilité et possibilité de lecture photométrique
automatisée |
| Immuno-fluorescence indirecte |
bonne sensibilité mais lecture subjective |
| ELISA |
sensibilité +++,
spécificité +/-, lecture objective automatisable |
| Western blot |
spécificité +++, profils corrélés au stade de l ’infection
mais paramètre uniquement qualitatif
|
Standardisation
des examens sérologiques
| Méthodes
standardisées |
Méthodes
mal standardisées |
Absence
de méthodes standardisées |
Treponema
pallidum
VIH
VHB |
Chlamydia
trachomatis
HSV1 et HSV2 |
Neisseria
gonorrhoeae
Heamophilus ducreyi
Trichomonas vaginalis
HPV |
Tableau 1. Performances de la sérologie selon les
pathogènes en cause lors d’infections sexuellement transmissibles.
Première partie : méthodes standardisées
|
Syphilis
Agent pathogène :
Treponema pallidum
On distingue 4 sous espèces de T.pallidum :
T.pallidum subsp.pallidum,
responsable de la syphilis
T.pallidum subsp.pertenue,
responsable du pian
T.pallidum subsp.endemicum,
responsable du bejel
T.pallidum subsp.carateum,
responsable du pinta.
Agent non cultivable in vitro donc diagnostic
essentiellement sérologique.
La sérologie tréponémique ne permet en
rien de différencier une infection à
Treponema pallidum d’une tréponématose endémique qu'elle soit due au pian
(toutes les régions chaudes et humides), au bejel (Afrique sub-saharienne, Maroc, Afghanistan, Iran)
ou au pinta (Mexique, Amérique centrale et Amérique du Sud).
Au vu des risques sanitaires de la syphilis, devant un test positif,
le traitement est fortement recommandé même si la
notion de séjour en pays endémique écarte à priori une syphilis.
Transmission
- Sexuelle : risque 1/3 lors d'un rapport non
protégé
- Mère enfant : faible au 1er trimestre
- Transfusion sanguine : contrôle des donneurs
Epidémiologie
La découverte de la pénicilline et
l'utilisation des tests de dépistage ont entraîné une diminution de l’incidence.
On note pourtant la réapparition d’épidémies aux USA,
en Europe
de l’Est, en France liées au HIV,
à la toxicomanie, à l'ouverture des frontières
et à l'appauvrissement des populations.
|
| Séroprévalence
chez les femmes en age de procréer |
Fréquence
de transmission fœtale |
Fréquence
des atteintes symptomatiques |
Conséquences |
|
Rwanda : 3.2%
Ethiopie : 10.9%
Chili : 3.4%
Inde : 3.4%
France ?
|
Syphilis primaire ou
secondaire : 95 à 100% |
50% |
Avortement : 10%
Enfant mort né : 8%
Mort rapide : 20%
Syphilis congénitale précoce
(<2ans) ou tardive (>2ans) : 20% |
| Syphilis tardive |
10% |
Tableau 2.
Données récentes sur la séroprévalence de la syphilis dans la population
féminine.
|
La contamination fœtale
est possible
pendant 8 ans après la contamination de la mère en l'absence de
traitement. Le passage des tréponèmes est possible dès la 2ème semaine de
grossesse.
Aux États Unis, on observe une recrudescence, en particulier chez
les toxicomanes et les prostituées, en rapport avec l’utilisation de crack.
En France (données des Centres de don de sang),
on note une diminution de l’incidence des profils sérologiques syphilitiques de
3,9/10
000 tests en 1987 à 1,3/10 000 tests en 1991. La sérologie prénuptiale
n'est plus obligatoire depuis
1992. La syphilis reste considérée comme une maladie rare, mais
on a enregistré une résurgence en 2000-2001.
Diagnostic différentiel d'une
syphilis primaire
La syphilis primaire se traduit
par une ulcération génitale, classiquement
indolore et indurée qui passe le plus
souvent inaperçue et qui guérit spontanément. La sérologie est souvent négative
et l'on recourt au diagnostic direct au fond noir.
La symptomatologie exige un diagnostic
différentiel puisque d'autres étiologies infectieuses sont possibles :
- Virus herpes simplexe : HSV
- Treponema pallidum
- Hemophilus ducrey
- Chlamydia trachomatis (Sérotypes
L)
|
|
Diagnostic
(nombre) |
| Origine |
Syphilis |
Chancre
mou |
Herpes |
|
Afrique noire |
4 (21%) |
13 (54%) |
5 (26%) |
| Maghreb |
4 (21%) |
5 (21%) |
1 (5%) |
| France-Antilles |
7 (37%) |
3 (12,5%) |
13 (69%) |
| Autre |
4 (21%) |
3 (12.5%) |
- |
| Total |
19 |
24 |
19 |
Tableau 2.
Ulcérations génitales masculines à Paris. Épidémiologie, clinique, étiologie. A propos de 75 cas. F. Ramel et coll.. Rev. Eur. Dermatol. MST. 1989 |
Cinétique des anticorps au cours de la syphilis
non traitée
| - |
Phase primaire : IgM 25 à 30 jours après la
contamination, puis VDRL et TPHA |
| - |
Phase II : augmentation des anticorps
jusqu'à des titres élevés.
IgM+ |
| - |
Phase de latence : chute des Ac. VDRL+/- |
| - |
Phase III : réascension des Ac. à
des titres
variables |
Cinétique des anticorps au cours de la syphilis
traitée
| - |
Début du chancre : la sérologie peut rester
négative. |
| - |
Phase I : chute rapide des Anticorps et
disparition en 3 à 6 mois.
|
| - |
Traitement plus tardif : chute des IgM et du
VDRL, mais persistance d ’une cicatrice sérologique (TPHA, FTA-abs.
+/- VDRL) |
Les tests de dépistage
| Tests |
VDRL-RPR |
TPHA |
FTA-Abs |
| Nature de
l'antigène |
Suspension
lipidique |
Hématies
avec lysat de T. pallidum |
T. Pallidum
entier fixés sur une lame |
| Intérêt |
Précoce
Suivi thérapeutique |
Spécifique
Simple
Peu coûteux |
Confirmation |
| Limites |
Spécificité
Phénomène de zone |
Pas
influencé par le traitement
Apparition retardée en primo infection |
Lecture
délicate |
Tableau 3.
Les 3 tests de dépistage de la syphilis.
|
Fig. 1. Interprétation des tests de dépistage.
|
Les faux positifs en
sérologie tréponémique
|
VDRL (1%
de faux positifs en France) : le phénomène est transitoire
et lié à une grossesse, MNI, tuberculose, toxoplasmose, paludisme ou chronique
et attribuable à une maladies auto-immune (LED, sclérodermies...) ou à
une dysprotéinémie (myélomes, Waldenström... ).
En cas de VDRL faussement positif, faire
une recherche d 'anticorps antiphospholipides
: la présence de ces anticorps est associée à un risque thrombotique
augmenté et à la survenue d 'avortements à répétition.
TPHA : le
phénomène est rare, souvent transitoire et d 'origine non identifiée. On
a observé des réactions croisées avec la maladie de Lyme (rare).
FTA-abs :
les faux positifs sont possibles en présence de facteurs rhumatoïdes ou d
'anticorps anti-DNA. Réaction croisée avec la maladie de Lyme.
|
Interprétation des tests de dépistage
L'interprétation d'un résultat positif doit
prendre en compte :
- Le titre des anticorps
- La positivité du VDRL
- Les signes cliniques et les antécédents
- L'âge et l'origine géographique
Conduite à tenir face à
des tests de dépistage positifs ou dissociés
- Confirmer la positivité du TPHA par FTA-abs.
- Rechercher une syphilis active par la présence
d ’ IgM.
Tests complémentaires
| Tests |
IgM |
Nelson |
| FTA |
SPHA |
| Nature de l'antigène |
T. Pallidum entiers
fixés sur une lame |
Hématies avec lysat de T.
pallidum |
T. Pallidum
vivants |
| Intérêts |
Précoce
Syphilis active
Syphilis congénitale
Suivi thérapeutique |
Marqueur de phase
secondaire |
| Limites |
Lecture délicate |
Technique peu
standardisée |
Entretien de la souche
Non standardisé |
Tableau 4.
Tests complémentaires pour le diagnostic de la syphilis.
Nouveaux outils diagnostiques
| Tests |
ELISA |
Western
Blot |
| Nature de
l'antigène |
Natif ou
recombinant |
Lysat de T.pallidum
séparé par électrophorèse |
| Intérêt |
IgG et ou IgM
Automatisable |
Confirmation
Marqueur d'évolutivité? |
| Limites |
Tests
qualitatifs |
Coût
Compétences |
Tableau 5.
Nouvelles méthodes pour le sérodiagnostic de la syphilis.
Western Blot ou immunoblot
|
Un seul réactif commercialisé : MarBlot IgM et IgG
(Ingen)
Positif si 3 bandes 47kDa, 17kDa, 15.5kDa
Immuno-blot : 47kDa, 17kDa, 15.5kDa et peptide
synthétique dérivé d’une protéine transmembranaire (TmpA)
Syphilis et grossesse
L'approche diagnostique de cette
situation délicate est illustrée par les deux algorithmes ci-dessous.
|
|

Fig.
2. Sérologie tréponémique
chez la femme enceinte.
|
|

Fig. 3. Diagnostic
biologique de la syphilis congénitale.
|
Conclusions et perspectives
| A l'avenir, on peut espérer
être en mesure de différencier une syphilis latente
d'une cicatrice
sérologique et de différencier la syphilis des tréponèmatoses
endémiques. Des études en cours sur les Western blot
permettront peut-être d'établir des profils caractéristiques des stades de l’infection. |
Virus de l’immunodéficience
humaine : VIH
Brefs rappels :
|

Fig. 4.
Algorithme
du diagnostic de l'infection VIH en biologie clinique : cas utilisant un test de
4ème génération.
|
| |
1ère
gén. |
2ème
gén. |
3ème
gén. |
4ème
gén. |
| Antigènes
utilisés |
Lysat
viral |
Protéines
recombinantes et peptides |
Protéines
recombinantes et peptides |
Protéines
recombinantes et peptides |
| Détection |
IgG |
IgG
indirect |
IgG
et IgM direct |
IgG
* et IgM |
| Ag p24 |
non |
non |
non |
oui
* |
| Sensibilité |
+ |
++ |
+++ |
++++ |
| Spécificité |
+ |
++ |
+++ |
+++ |
| Année d'apparition |
1985 |
1987 |
1989 |
1997 |
Tableau 6.
Caractéristiques des différentes générations de tests Elisa Anti-VIH.
|

Fig. 5.
Cinétique d’apparition des différents marqueurs d’une
infection par le VIH.
|
Virus de l’hépatite B :
VHB
| |
Ag HBs |
Anti HBs |
Anti HBc |
IgM HBc |
Ag
HBe |
Ac Hbe |
Hépatite aigüe
Virus sauvage |
+ |
- |
+ |
+/- |
+ |
- |
Hépatite aigüe
Mutant
pré-C |
+ |
- |
+ |
+/- |
- |
+ |
| Résolutive |
+ |
- |
+ |
+ |
- |
+/- |
| Porteur sain |
+ |
- |
+ |
- |
- |
+/- |
|
Guérison |
- |
+ |
+ |
- |
- |
+/- |
| Vaccin |
- |
+ |
- |
- |
- |
- |
Tableau 7.
Hépatite B : profil sérologique selon la situation clinique.
| Séroprévalence chez les femmes en
âge de
procréer en France |
Nombre de nouveau-nés infectés / an |
Fréquence de transmission
périnatale |
Fréquence des atteintes symptomatiques
à
long terme |
| AgHBs : 1,5% |
1000 (avant dépistage et serovaccination en
1992) |
Dépend du statut de l'hépatite |
Evolution vers le portage chronique : 90 %
Cancer primitif ou cirrhose du foie : 40% |
Tableau 8.
HBV : épidémiologie en
France.
|

Fig. 6.
HBV
: transmission mère enfant en l’absence de
prophylaxie.
|
|

Fig. 7.
HBV
: prophylaxie de la transmission mère enfant.
|
Recommandation à une femme enceinte
séronégative pour HBV : si partenaire antigène HBs + : ne pas l’embrasser
sur la bouche et rapports sexuels protégés. |
Deuxième partie : méthodes
mal standardisées
Chlamydia trachomatis
Incidence
Les infections urogénitales à
C. trachomatis représentent la première cause d’IST d’origine bactérienne dans le monde.
Elles touchent une population jeune et provoquent des
infections asymptomatiques. Elle représentent la première cause de stérilité acquise chez la femme.
|
|

Fig. 7.
Incidence des
infections à C. trachomatis aux USA.
|
En France,
l'incidence dans la population générale est passée de 6% en 1990 à 2,7%
en 1996 puis à 3% en 2000. Parmi ces 3%, on note une incidence de 4,4
% chez les hommes, avec une prédominance de la classe d'âge 25-29 ans et
de 2,5
% chez les femmes, avec une prédominance de la classe d'âge 20-24 ans.
|
|

Fig. 8.
Incidence
des infections à C. trachomatis dans la population féminine
américaine.
|
En France,
l'étude du Val de Marne a permis de suivre de janvier 1999 à mars 1999
1023 femmes consultantes de moins de 30 ans dans 23 centres de planification
et d'éducation familiale. Chaque patiente a répondu à un questionnaire
épidémiologique et était soumise à des prélèvements d'endocol et
d'urètre. C. trachomatis a été recherché systématiquement par PCR.
Résultats : 92,9% de résultats
négatifs. Les résultats positifs (7,1%) ont conduit à un traitement dans
94,5% des cas positifs. Un contrôle après traitement sur 81,1% des femmes
traitées a montré un taux d'échec de 8,9%. Au total, 69 femmes ont été
traitées, ce qui statistiquement a permis d'éviter un grand nombre de
complications (figure 9).
|
|

* Paavonen J, Eggert-Kruse W : Chlamydia
trachomatis: impact on human reproduction. Hum Reprod Update 1999
Sep-Oct;5(5):433-47.
Fig. 9.
Conséquences
potentielles de l'absence de traitement d'une infection à CT sur
les femmes de l'étude du Val de Marne.
|
Méthodes de diagnostic
|
Recherche de l’agent infectieux |
|
- Culture cellulaire
- Détection d ’antigènes
(IFD, EIA)
- Détection d’acides nucléiques |
|
Recherche indirecte de l’infection |
|
- Sérodiagnostic |
La recherche directe de la bactérie est
délicate, d'autant plus que l'infection est souvent pauci-bactérienne. La plupart des méthodes de diagnostic
biologique "classiques" pêchent :
- par manque de sensibilité (test direct ELISA),
- par manque de spécificité (certaines IFD),
- par
difficulté de réalisation (culture cellulaire).
Les tests sérologiques
ne sont pas
utiles dans le cadre du diagnostic biologique des
infections urogénitales basses à C. trachomatis
mais présentent un intérêt lors d’infections profondes :
- salpingite, péri-hépatite, épididymite,
- lymphogranulomatose vénérienne,
- pneumopathie du nouveau-né.
Dans les infections asymptomatiques,
le meilleur outil diagnostic est la recherche par
des méthodes d’amplification génique (PCR, LCR, TMA, SDA…).
Dans les infections symptomatiques,
la sérologie est capitale dans le diagnostic des
infections profondes.
Tests sérologiques
La micro-immunofluorescence
reste une méthode de référence. Elle permet la comparaison du titre des anticorps vis à vis des trois espèces
et la différenciation des IgG, IgA et IgM.
Les tests EIA
permettent la détection des anticorps vis à vis des trois espèces et la différenciation des IgG, IgA et IgM,
mais ces trousses ne sont pas standardisées.
L'interprétation des tests
sérologiques en tant que
marqueurs de l’infection est basée sur les critères suivants :
- augmentation des anticorps de
quatre fois le titre d’IgG sur deux sérums (3 à 4 semaines),
- taux d'IgG élevé vis à vis d'une des trois espèces,
- présence d'IgM.
Perspectives
L'attente actuelle des
biologistes est multiple :
- une méthode de référence sensible, spécifique et
reproductible,
- des marqueurs
fiables d’infection aiguë (IgA locaux?) et de gravité (anti-hsp60 et séquelles
chroniques inflammatoires?).
Herpes simplex virus
:
HSV1 et HSV2
On connaît 2 sérotypes très proches de
l'herpès :
- HSV1
qui touche préférentiellement la muqueuse oropharyngée,
- HSV2 qui
affecte surtout la muqueuse génitale ( mais
10 à 40% de HSV1 au
niveau génital).
Les protéines structurales du virus sont des cibles majeures de la réponse anticorps
(protéines d'enveloppe, du tégument et de nucléocapside).
On observe une homologie de séquence >80% entre les glycoprotéines des virus de chaque
sérotype.
La protéine gG est beaucoup plus spécifique du type.
Diagnostic sérologique
Les tests
actuellement disponibles ne sont pas spécifiques.
La plupart des réactifs sur le marché sont des tests ELISA (IgG et IgM)
n'utilisant pas le gG.
Les tests spécifiques (gG1 et gG2) sont des ELISA utilisant des gG purifiées ou recombinantes
mais sont peu sensibles en primo-infection ( IgG en 1 à 3 mois).
Le Western Blot est sensible en primo-infection (IgG en 15 jours) mais difficile à interpréter
surtout en cas de co-infection.
L'immunoblot est moins sensible en primo-infection
: les IgM apparaissent en 10 jours et persistent 3 mois,
sont donc peu spécifiques et de
faible valeur diagnostique.
Intérêt du diagnostic sérologique
Etudes séro-épidémiologiques
Les résultats variables selon le type de trousse utilisée.
Néanmoins, il est utile d'utiliser des tests spécifiques pour connaître la séroprévalence HSV1 et
HSV2. De tels tests ont permis d'estimer la prévalence de l'HSV1 à 70% chez
les femmes françaises et à 17% pour l'HSV2.
|
| Séroprévalence chez les femmes en
âge de
procréer en France |
Nombre de nouveau-nés atteints d'infection à
HSV |
Fréquence de transmission fœtale |
Fréquence des atteintes symptomatiques |
Séquelles neuropsychiques |
| 10 % ont une histoire d'herpes génital
récurrent |
0,01 à
0,05 % |
Primo-infection : 75%
Réactivation symptomatique : 4%
asymptomatique
: 0,04% |
Mortalité : > 50 % |
> 50% |
Tableau 9.
HSV : épidémiologie en
France.
L' HSV1 peut être retrouvé dans 30 à 40% des
primo-infections génitales tandis que les études basées sur la
séroprévalence HSV2 sous-estiment probablement l'importance des infections
herpétiques génitales.
Définition du statut immunitaire (candidats à
la greffe)
Dans ce contexte, les trousses non spécifiques sont très performantes
puisqu'il s'agit d'un diagnostic d'exclusion.
Herpès génital
La sérologie permet le dépistage des sujets asymptomatiques à risque de transmettre et des
sujets réceptifs à la primo-infection et le dépistage des femmes enceintes séronégatives
dont doit découler des mesures de prévention
pendant la grossesse lorsque le partenaire est séropositif.
L'herpès génital chez la femme enceinte
Le problème principal est
celui d'une éventuelle infection asymptomatique risquant de contaminer le
nouveau-né au moment de la filière génitale.Pour l'aborder, on
s'efforcera d'abord de connaître les antécédents
cliniques biologiquement prouvés (culture et typage) des partenaires. On
établira ensuite un bilan sérologique des deux partenaires
et on surveillera l’apparition de lésions en
période périnatale.
Pour le dépistage sérologique des mères
infectées par HSV pendant la grossesse :
- extrême gravité de l’infection
lorsqu’elle a lieu,
- possibilité de mesures
préventives dans les couples discordants : femme séronégative et homme
séropositif,
- tests spécifiques anti-HSV2 et
anti-HSV1 commercialisés depuis peu.
Contre le dépistage sérologique des mères
infectées par HSV pendant la grossesse :
- fréquence des situations inutilement
anxiogènes pour une très faible fréquence d'infection chez les
nouveaux nés,
- absence de paramètres virologiques ou biologiques prédictifs de la
transmission au fœtus pendant le
travail.
Recommandation à une femme enceinte
séronégative pour HSV : si partenaire séropositif pour HSV : rapports
sexuels protégés le dernier trimestre de la grossesse.
Perspectives
L'attente actuelle des
biologistes porte sur la mise en évidence du virus au site de
l'infection et sur des techniques sérologiques spécifiques permettant un diagnostic précoce et spécifique en fonction du type et du
stade de l’infection et de distinguer entre infection active et latente.
En outre, il serait souhaitable de standardiser les techniques
de dépistage et de titration.
|
Troisième partie : absence
de méthodes standardisées
Papillomavirus : HPV
|
On ne sait pas le cultiver in vitro en
culture cellulaire Son diagnostic n'est possible, depuis 1984, que par des méthodes
de biologie moléculaire qui ne sont pas encore vraiment utilisées en routine
en France.
Les HPV urogénitaux ont été classé en fonction de leur
potentiel oncogène :
HPV à « bas risque » : 6,
11,
42, 43, 44
HPV à « haut risque » : 16,
18,
31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 68
|
|

Fig. 10.
Histoire naturelle d’une infection à HPV
à haut risque oncogène au niveau du col.
|
La sérologie de dépistage du cancer du col
reste du domaine de la recherche!!!
Perspectives dans le diagnostic immunologique des
MST
- Détection d’anticorps locaux,
- Réponse immunitaire cellulaire (lymphocytes T),
- Dosage de cytokines associées,
- Détection des ARN messagers dans les cellules
cibles.
|
Dernière révision : 10.06.05
|
|